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Créé par
Aurélien Bénel
Dernière modification
16-03-2005
État
publié

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Le retour du document

Chérifa Boukacem, Aurélien Bénel, Revue Archimag, Rubrique "Tendance", Septembre 2004.

Les chercheurs de très nombreuses disciplines (documentation, hypermédias, neurosciences…) se sont rencontrés et confrontés durant la Semaine du document numérique (SDN) à La Rochelle (21-25 juin) pour essayer de définir ensemble le document numérique et présenter les avancées de leurs laboratoires. Qui l'aurait cru il y a trente ans ? Au nom de la modernité, on avait banni le terme de « document » pour celui d'« information ». Pourquoi ce retour au « document » après la grande époque des bases de données et de l'intelligence artificielle ?

Aujourd'hui encore, comme le fait remarquer Bruno Bachimont, le document numérique est souvent plus proche de la base de données que du document traditionnel et les questions en suspens restent nombreuses :

  • quelle cohésion pour un document mélangeant plusieurs médias aux règles d'interprétation hétérogènes ?
  • quelle cohérence pour un objet atteignable uniquement pas des vues multiples et partielles ?
  • quelle localisation pour un document sans limite géographique et toujours inachevé ?

En somme, le document numérique ne serait-il pas un "hypotexte" plutôt qu'un « hypertexte » ?

[..]

Comme le souligne Veronika Lux, il semble indispensable d'étudier les usages des documents traditionnels afin d'éviter de perdre l'essentiel dans le passage au numérique. Le document traditionnel a pour atout d'avoir un auteur et un genre (littérature grise, document technique, publicité…), d'avoir une valeur de point de vue.

L'importance de transposer l'annotation, la glose, dans le monde du numérique, comme s'y intéressent notamment les projets Opales, Porphyry, Lucia, est d'ailleurs relevée par Jean Charlet.

Les caractéristiques essentielles du document sont ainsi résumées par Jean-Michel Salaün :

  • une inscription repérable, au-delà du silence et du bruit ;
  • un texte construit, au-delà du sensible et du confus ;
  • une référence partagée, au-delà de l'éphémère et de l'intime.

Ce tout dernier aspect, celui d'une sociologie du document numérique, aurait d'ailleurs été trop souvent délaissé et constituerait aujourd'hui une des pistes les plus prometteuses.

[Source]

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