Plusieurs « outils informatiques » offrent la possibilité d’organiser des espaces
d’échanges et de collaboration, permettant de soutenir des politiques de coopération entre établissements, par exemple d’une part le protocole OAI-PMH et d’autre part les systèmes « d’annotations » ou « d’indexation » qui font leur apparition dans le contexte des bibliothèques numériques patrimoniales.
« Le protocole de collecte de métadonnées de l’Initiative des archives ouvertes
(OAI-PMH - Open Archives Initiative Protocol for Metadata Harvesting) permet d’agréger
les métadonnées des ressources patrimoniales dans un emplacement central tout en laissant
les ressources sous la responsabilité de leur créateur (l’établissement culturel responsable) ou d’un fournisseur de services spécialisé capable d’en assurer la maintenance. Les établissements peuvent donc maintenir une base ou un site correspondant à leurs propres besoins et permettre à d’autres établissements de construire d’autres systèmes d’accès à leurs données. » (Foulonneau, Muriel, 2004, p. 7). Des résultats intéressants de ce protocole sont visibles sur quelques sites, on peut citer en particulier le projet AIM (King’s College London, UK) qui propose un accès fédéré grâce au protocole OAI aux descriptions des fonds d’archives et de manuscrits de plus de 50 établissements (universités, écoles et sociétés savantes de Londres). Le site propose un formulaire de recherche rapide et un formulaire de recherche avancée, ainsi que des accès possibles aux index noms et sujets. Le résultat est assez probant. En France ce protocole est utilisé pour la Banque numérique du savoir d’Aquitaine (BNSA).
Les systèmes de collaborations en ligne et les possibilités d'annotations des
documents sont également amenés à se développer. Ce type d’outils est souvent demandé
par les chercheurs dans les bibliothèques. Nous pouvons citer les travaux de recherche de
l’équipe Imadoc de l’Irisa et l’expérimentation menée aux Archives départementales des Yvelines autour d’un système d’annotations de documents.
Ce programme cherche à faciliter l’accès aux documents d’archives par le contenu
manuscrit et pourrait permettre un système de production d’annotations d’une part
automatique en utilisant les techniques de reconnaissance de formes d’autre part
collaboratif en permettant aux usagers de produire leurs propres annotations sur les
documents à partir d’une interface web. Cet outil simple dans son utilisation ouvre des
perspectives pour l’élaboration de systèmes d’annotations partagés sur un même document.
Autre exemple : Au cours de la Semaine du Document Numérique de la Rochelle en juin
2004 Aurélien Bénel a présenté le système Porphyry qui « s’adresse à des communautés d’experts appelés à travailler sur des corpus documentaires numérisés » « Les bibliothèques considérées sont spécialisées et destinées à des experts. Dans un tel cadre, limiter la description des documents à une indexation, unique, fixe et effectuée par un tiers, reviendrait à nier l’expertise des lecteurs. »
Il faudra très vite penser à pouvoir intégrer dans les outils informatiques de gestion
des ressources numériques les informations détenues et transmises par les usagers.
[Source]