L'étude porte sur les usages de la communauté scientifique, où l’effort est engagé dans une permanente réactualisation des savoirs. Modéliser des connaissances aux prises avec des savoirs en gestation, conduit d’emblée à s’intéresser à un modèle de structuration qui favorise la multiplication des « points de vue » élaborés par les chercheurs et à s’écarter d’autant des catégories hiérarchisées traditionnelles de la recherche d’information – présent / absent, vrai / faux. Cela signifie que l’on s’intéresse davantage au mode de formation du savoir qu’à ses conclusions. L’objectif est de modéliser un espace de travail destiné à la manipulation des « points de vue ». Les « manipulations » en question sont assimilées à un langage, qui autorise des opérations sur des « points de vue » partagés au sein d’une communauté de référence ; on dira de ce langage qu’il est fondateur d’un nouveau type d’espace que nous qualifions d’« intersubjectif ».
L’espace intersubjectif permettra de détecter des incohérences par propagation de contraintes, posées par l’expert à l’intérieur d’un même point de vue et entre points de vue différents. Chaque expert pourra disposer d'un « espace intersubjectif » dans lequel ils pourra importer les parties de points de vue qu’ils souhaite confronter. Parce que la couche intersubjective s’appuiera sur les deux précédentes, il sera possible à tout moment de connaître pour une partie de point de vue, sa situation d’origine : Qui l’a créé, modifié, quand et pour quelle communauté, ainsi que son contexte d’origine, point de vue dans sa globalité et corpus documentaire sur lequel il s’appuie.
La détection d’incohérences entre points de vue n’est possible que si on ajoute des relations (égalité, subsomption, séquence, etc.) entre des descripteurs appartenant à des points de vue différents. De telles correspondances ne peuvent être faites que par les experts eux-mêmes qu'il faudra toutefois assister si l’on veut comparer des modèles de taille importante. Le projet prévoit de leur fournir une sorte de moteur de « macros » leur permettant de rechercher automatiquement certains « gabarits » qu’ils définiront et d’ajouter une contrainte donnée si la correspondance est validée par l’expert.
Le résultat de la fusion des « points de vue », pourra être importé dans un « point de vue » propre à la communauté de référence. Le système gardera la mémoire de l’auteur originel de chaque partie, de sorte que la copie soit une citation et non un plagiat.
Sur le plan des usages, le projet va s'appuyer sur les corpus archéologiques intégrant des documents d'architecture et leurs experts-usagers : architectes, archéologues, historiographes, dans le but de les aider à mettre en œuvre une communauté de référence.